La Flèche brisée: du Lac au Fleuve, en passant par St-Tite

by dhdaines

La genèse

Dans la profondeur du février le plus froid jamais enregistré à Montréal, j’ai eu l’idée de faire une Flèche Vélocio ce printemps avec un départ en train, pour éviter de faire un trajet en boucle (bizarre de flèche ça!) ou d’avoir besoin d’une voiture pour transporter les vélos. Malheureusement, les transports interurbains au Québec sont peu adaptés au transport des vélos, avec une exception: les trains de l’Abitibi et du Saguenay, dont celui qui m’a rapporté à Montréal après mon «mini-défi» de l’automne passé. Donc, le plan a été clair: On monte à Chambord en train, on revient à Montréal à vélo. On passe par La Tuque la nuit, Shawinigan le matin, Joliette le midi, et hop, on rejoint l’île en fin de journée pour un bon 425km en 24h.

Finalement, rien n’est jamais aussi simple qu’il ne paraît. D’abord, le train ne roule que les lundis, mercredis, et vendredis en direction nord, donc il faudrait prendre le vendredi en congé, alors que la Flèche doit avoir lieu le week-end de la fête des Patriotes (un lundi). Des coéquipiers potentiels n’ont pas aimé l’idée de dormir sur le train avant de rouler 24h sans sommeil (et ils ont eu raison, comme je me rendra compte), d’autant moins l’idée de passer à travers le parc (pour les non-québécois, cela veut dire la vaste forêt peu ou non habitée qui sépare les basses-terres du St-Laurent des colonies nordiques du Québec) la nuit sans être en mesure d’apprécier les paysages (et ils ont aussi eu raison sur ce point). Finalement, j’ai dû abandonner ce projet, et pour le mieux, car je n’avais guère envie de faire un autre 425km une semaine après le premier brevet de 300km de la saison.

Néanmoins, il me restait un aller simple Montréal-Chambord que j’avais déjà payé. Je me suis dit, pour éviter la fête du Canada, rien de mieux que s’évader au Royaume, et donc, j’ai changé ma réservation pour le 1 juillet. Question de ne pas me briser trop le corps ni l’esprit, j’ai décidé de m’arrêter à La Tuque pour la nuit avant de descendre par le parc en plein jour, avec un petit détour à St-Tite (oh que oui!) pour prendre une grosse poutine et une petite bière à la microbrasserie. S’il faisait beau, je me tenterais mes chances sur les routes forestières pour faire La Tuque à St-Tite, question d’être vraiment «dans le bois».

Il fallait juste que le train soit à l’heure, pour avoir le maximum de lumière avant La Tuque… et qu’il fasse beau…

Le train

Je me suis pressé de partir à 7h15 pile pour ne pas rater le train, dont le départ était prévu pour 8h15 à la gare centrale. En théorie, il fallait présenter le vélo au comptoir de bagages avant 7h45, heure de l’embarquement. En pratique, puisqu’il n’y avait pas beaucoup de monde qui se pointait, on a attendu 8h pour embarquer. J’ai remarqué pourtant que la moitié des sièges étaient déjà réservés, et que deux canots se reposait déjà dans le wagon de bagages à côté de mon vélo.

“gare” d’Ahuntsic

Après le long contournement de la montagne par Montréal-Ouest, à la charmante «gare d’Ahuntsic» (quelques mètres d’asphalte à côté des rails dans un coin perdu proche de la rue St-Hubert) toute une foule attendait, vélos en main, pour nous rejoindre. Zut! J’aurais pu dormir encore une heure. Nullement besoin de se pointer à la gare centrale 30 minutes en avance, on embarque les vélos (et les canots, et les kayaks, et cetera) partout sur ce train! J’ignore s’il faut payer cash le cas échéant…

La particularité de ce train est qu’il arrête «dans le bois» presque n’importe où, chose que je n’ai pas vu au retour de Jonquière l’année passée, mais qu’il semblait aura lieu cette fois. Arrivera-t-on à Chambord avant le coucher du soleil?

Parmi les nouveaux arrivés il y avait une famille qui prenait le train à Rivière-à-Pierre pour rouler ensemble à Québec sur la piste cyclable, ce qui me semble une façon futée de faire Montréal-Québec. Leur idée de rejoindre Montréal par train m’inquiétait un peu, car à ce que je sache, il n’est pas possible de prendre son vélo à bord ce train! J’espère qu’ils se sont bien tirés finalement… surtout que, en montant dans le piedmont après Joliette, la pluie a commencé, et n’a pas lâché.

Viaduc de la rivière du Loup

Viaduc de la rivière du Loup

Le côté ouest (gauche) du train offre les meilleurs points de vue et c’est là que je me suis installé, le plus en avant possible, espérant de trouver un peu de solitude pour dormir. Malheureusement, une gang de bleuets matantes joueuses de cartes se sont installés juste en arrière et ont causé à volume 11 pendant toutes les 9 heures de voyage. Finalement je ne me suis endormi qu’en posant mes écouteurs avec le dernier album de Tragedy à fond, quelques minutes, dans le coin de Shawinigan.

La traversée du bois m’a gardé réveillé, car la rivière Batiscan et les lacs à l’infini qui l’entourent sont tout simplement spectaculaires. Le parc a beau être inhabité, il y a des camps et des chalets un peu partout, et on s’est arrêté quelques fois pour prendre des canotiers, qui débarqueront un peu plus tard pour redescendre la rivière – une excellente idée que j’aimerais un jour essayer!

Finalement, le bois ne nous a pas tant ralenti, mais avant y entrer, il a fallu attendre presque une heure pour un train de marchandises d’en sortir, et donc j’ai finalement débarqué à Chambord avec 1h30 de retard, vers 17h40. Il pleuvait une fine pluie encore. J’avais l’espoir qu’il finirait par finir bientôt. Oh que oui.

La nuit

https://www.strava.com/activities/337321295

Pas question de chercher le lac pour tremper ma roue arrière, il fallait partir tout de suite. J’ai rempli mes bouteilles et acheté un gros sac de fromage en crottes Boivin (pour récupérer après ma ride) et je me suis lancé sur le fameux «mur de Chambord», quelques kilomètres de montée pour atteindre le plateau laurentien. En haut de la première montée, j’ai arrêté juste le temps de regarder en arrière et prendre une photo. Piekouagami, le lac Plat des Ilnuatsh, aussi appelé Lac St-Jean (pour un Québec laïc, débarrassons-nous de ces infâmes toponymes religieux!) gisait en bas de la côte, découlant de la rivière Métabétchouan, sous une grisaille opprimante. La nuit sera longue.

Doom...

Doom…

J’ai eu la préséance d’appeler l’auberge de jeunesse à La Tuque pour leur aviser de mon arrivée tardive, en promettant de me pointer vers 23h. Il fallait faire vite alors! Dans le fond, j’avais vraiment peur de cette étape: 138km dont 110km d’autonomie complète (c.a.d. en plein milieu de nulle part sans personne), à partir de Lac-Bouchette. En planifiant la Flèche j’ai appris que l’accotement est serviable pour la plupart, ce que je commençais à douter car tout de suite en débutant ce long segment isolé, il y en avait pas. Pire encore, pas de téléphones, pas de service cellulaire, donc pas moyen de rejoindre ma douce pour la rassurer que j’étais encore en vie! Je me suis dit – s’il est trop pénible, je vire de bord, je retourne à Lac-Bouchette prendre un motel jusqu’à demain.

Je me suis aussi dit – si je ne réussis pas ici, comment ferai-je Paris-Brest-Paris? La pluie, la nuit – c’est presque assuré au PBP. Il n’y avait guère de trafic et la pluie restait très faible et fine. En plus, j’avais encore au moins deux heures de lumière grâce à ma situation nordique. J’espérais atteindre la halte routière, 34km avant La Tuque, à 22h. Je ne regardais presque pas ma FC, car je savais que 138km c’est pas assez long pour que je frappe le mur (ce qui m’arrive généralement aux 160-170 bornes si je me force trop). J’étais quand même surpris de voir que je battais 170 en roulant pas vraiment vite parfois. Serait-il de l’adrénaline? Ou tout simplement le sac Carradice un peu trop bourré de linge et bonbons?

Non, la route est juste constamment en montée sur un bon 50km. L’accotement est parfois lisse et large, parfois inexistant. Il m’est apparu sage de me tasser dans le gravier une ou deux fois quand deux véhicules se sont rencontrés à côté de moi. Malgré la pluie il faisait un bon 17 degrès, et mon cuissard en laine, mes bas de laine, et mon maillot de laine l’ont bien supporté. L’imperméable cheap et les couvre-chaussures tenaient aussi le coup. À chaque montée, je scrutais les montagnes sans fin à l’horizon. J’ai finalement traversé dans la région de la Mauricie, avec un asphalte supérieure et un large et fiable accotement en guise de bienvenue. Graduellement, ma peur s’est effritée… la lumière aussi.

All downhill and well-paved (and dark, and wet) from here...

All downhill and well-paved (and dark, and wet) from here…

Je ne l’ai pas remarqué tout de suite, mais j’ai aussi passé la ligne de partage des eaux – d’ici à La Tuque ça descendait lentement à côte de la rivière Bostonnais pour la plupart. Il n’y avait plus de montagnes à l’horizon, seulement une dense forêt et quelques lacs. Mes réserves d’eau étaient à sec juste avant que je dévale une grande côte et j’arrive à la halte routière, un véritable oasis avec des tables de pique-nique sous un toit et des salles de bain avec de l’eau potable! Il était 22h, avec 34km à faire, donc, pas possible d’arriver à 23h.

Il pleuvait encore, il faisait noire, et j’avais de la misère à désembuer mes lunettes. Le pire était les phares des voitures qui arrivent de l’autre sens, car ils m’éblouissait pendant un bon 5 secondes. J’ai appris qu’il fallait concentrer sur la ligne blanche pour garder sa position et sa vision. Malgré mes doutes, l’accotement continuait d’être très bon. Bientôt j’ai vu les premières signes de la civilisation – un panneau qui annonçait un arrêt d’autobus scolaire! Puis un abribus avec une lumière, puis une maison… Finalement les deux ponts couverts de La Bostonnais et même quelques commerces (fermés). Il ne restait qu’une poignée de kilomètres… et pour m’accueillir, une violente orage qui a complètement désarmé mes couvre-chaussures. J’ai remarqué un odeur fort de roadkill un peu partout et j’avais peur d’en devenir moi-même. Mais combien d’orignaux serait morts à côté de la route pour que ça pue de même?!

En entrant à La Tuque, j’ai eu la réponse en guise d’une énorme usine de pâte et papier, dont l’odeur m’a rappelé des voyages en Colombie-Britannique de mon enfance. La pluie s’est calmée et je me suis installé sous l’auvent d’une station de service pour consulter ma carte sur mon cell … tabarnouche, pas de service cellulaire à La Tuque! Je zigzaguais donc dans les rues de la petite ville à la recherche d’un autre être humain pour demander le chemin à la rue Brown, qui semblait être au nord de la ville, mais que je ne savais pas trouver. Au centre-ville, un ivrogne fumait devant la caisse populaire, repoussant d’abord mes salutations, mais enfin m’expliquant des directions peu compréhensibles mais assez simples – la lumière au fond, à droite, continue. J’ai boudé le chemin qui menait à l’usine, croisant un autre fêtard fumant sur le trottoir, qui m’a confirmé que j’étais sur la bonne piste.

Forfait tipi, non, ça ne me «tente» juste pas!

Forfait tipi de l’auberge jeunesse, non, ça ne me «tente» juste pas!

Une ou deux kilomètres de surplus et je suis arrivé, vers 23h30, heureusement on m’attendais encore, car je serai tout seul à l’auberge ce soir! Une grosse chambre, cuisine, douche (mais pas de serviette), etc, pour seulement 35$, moins cher qu’un camping rustique de la SÉPAQ, quoi. J’ai reparti mon linge sur le plancher de la chambre sous le ventilateur du plafond, avalé le sac de fromage en crottes, et me suis vite endormi pour ensuite réveiller vers 6h.

Le vent qui chasse la pluie

https://www.strava.com/activities/337958185

Le matin, il tombait encore une faible bruine. À part les bas encore trempés, mes mérinos avaient assez séché pendant la nuit et j’ai tout enfilé de nouveau. J’ai flâné dans la cuisine une bonne heure en buvant des allongés et mangeant des Cheerios avant de partir enfin à 7h20. En sortant j’ai scruté la cour avec ses gros tipis, heureusement j’ai opté pour la chambre au lieu de dormir dans la pluie! En traversant la ville encore désertée (qui ne puait plus, il semble que l’odeur est plus forte en temps de pluie) j’ai tombé sur une piste cyclable qui semblait mener au sud, donc je me suis embarqué. Ça commençait a monter vers la voie de contournement, avant de tourner et rentrer dans un très beau boisé à côté de la petite rivière Bostonnais. Un ruban d’asphalte serpentait entre les pins et les bouleaux pour enfin me déposer sur la rue principale juste avant de regagner la 155.

La Tuque's most excellent bike path

La Tuque’s most excellent bike path

Ayant vu l’état des routes en gravier après la pluie de la veille, il n’était aucunement question de prendre les chemins forestiers pour aller à St-Tite, un peu dommage car ce trajet est moins accidenté que la route nationale, qui monte et descend les flancs de la vallée à quelques points même si elle suit le cours de la rivière. Peu après rejoindre la grande route, j’ai finalement vu cette large rivière aux berges sablonneuses, la Tapiskwan Sipi dit rivière St-Maurice (encore il me semble qu’on devrait appeler les choses par leurs propres noms, tant qu’on les connaît!). Subitement je me suis rendu compte que je roulais sur une chaussée … sèche! Mais non, j’avais aussi le vent de dos au moins la moitié du temps. C’est peut-être la météo qui me récompense pour la soirée «arrosée» que je viens de passer.

Il y a plus de trafic au sud de La Tuque. Les camions de bois montent la rivière vides et descendent chargés de billots dans une sorte de drave moderne en continu. Heureusement il y a de l’espace à droite, malgré la présence de plusieurs bouts de bois et d’écorce sur l’accotement. Trois petites montagnes plus tard, il était déjà temps de me départir de la 155 pour prendre la 159 vers St-Tite.

La très belle route 159

La très belle route 159

Voilà une belle route! Elle traverse ce qui semble être une aire protégée, car j’y ai longé plusieurs lacs sans aucune trace de développement, rien que des impressionnantes falaises et des forêts mixtes de sapins, érables et bouleaux. Je me sentais presque aux Adirondacks ou au Vermont. Tout à coup la route a commencé à descendre à côte d’un ruisseau d’eau vive, puis les montagnes sont parti dans un clin d’œil, leur place cédée à un paysage bucolique de champs de pâturage et petits coteaux boisés.

J’étais sorti du bois.

La poutine et la poutine

Howdy!

Howdy!

Un cowboy en laiton m’accueille à St-Tite, sur ma monture en acier, comme dirait le célèbre chansonnier québécois Jonathan Bonne-Jovie. Ça faisait déjà quelques dizaines de kilomètres que je ne pense qu’à la poutine que je m’apprête à manger. Le village est très propre et beaucoup moins redneck qu’il m’a apparu depuis le train en descendant du Saguenay pendant le festival Western l’année passée. J’ai passé une bonne heure et demi à la brasserie À la Fût en dégustant deux bonne bières sures et une méga-poutine avec une sauce à la bière. J’étais pas mal sûr que j’allais en payer le prix…

Aussitôt parti de la ville sur la 153, j’ai dû enlever mes manches d’appoint et enfin mettre de la crème solaire, car il faisait presque chaud. La route est bonne mais un peu ennuyante, ça file tout droit à côté du chemin de fer sur plusieurs kilomètres. Seul moment marquant, l’égoportrait obligatoire avec le panneau annonçant le village d’Hérouxville, en faisant une blague plate sur la lapidation, la xénophobie, etc., que je vous épargnerai ici.

Quartier St-Marc, Shawinigan

Quartier St-Marc, Shawinigan

Finalement, j’ai atteint la banlieue de Shawinigan et descendu à la rivière pour traverser le pont Grand-Mère. J’essayais de rouler en mode relaxe, mais j’avais quand même mal au ventre. En traversant Grand-Mère j’ai vu beaucoup de beaux enseignes vintage sur la rue principale, c’avait vraiment l’air d’un Main Street américain. Ensuite, je me suis trouvé sur un très long tronçon de boulevard à quatre voies, mais sans beaucoup de trafic, qui menait à Shawinigan (secteur Shawinigan). Il semble que j’ai raté la rue principale, car je ne voyais qu’un quartier résidentiel avec des bizarres de plex détachés mais quand même avec des escaliers extérieurs vertigineux, dont un en colimaçon de quatre étages qui semblait être le seul accès à l’appartement en haut! Après la rue Summit, une descente étroite et abrupte m’a fait passer à côté de la nouvelle «shop» de la brasserie Trou du Diable, puis un une autre descente m’a plongé dans un bizarre de quartier industriel abandonné avant de finir à côté d’un grand bassin de la rivière, après lequel … il fallait tout remonter encore.

Proper sports nutrition

La poutine s’est vraiment fait sentir en grimpant. Le vent qui m’a poussé le long de la rivière en partant de La Tuque venait du nord-ouest (pas un nordet, pas un suroît, … un «noroît»? oui, un noroît!) donc pas forcément méchant mais m’a quand même ralenti un peu. J’ai d’abord pensé rejoindre Joliette par la 350 et quelques petites routes pour éviter le détour au nord vers St-Gabriel – mais ces routes étaient disparus de ma carte et je n’avais encore pas de service de données cellulaires. J’ai donc filé sur la 350, route immaculée et peu fréquentée mais un peu plate car elle côtoie la voie ferrée sur tout son long, sans pour autant prendre une décision. Des panneaux m’indiquaient constamment la direction de St-Élie-de-Caxton… j’avais encore mal au ventre mais aussi mal aux jambes. Finalement je me suis arrêter à Charette, vraisemblablement le village où ils ont passé le train dans Ésimésac au lieu de St-Élie, pour me détendre un peu avec un Pepsi. Il me semblait que la 349 serait le moyen le plus direct de rejoindre le fleuve, donc je me suis résolu de tourner au sud (pour un beau vent de dos et une longue descente) à St-Paulin.  En partant de Charette, j’ai entendu un sifflement de train, puis j’ai sprinté un peu pour voir … chouette! C’est le même train sur lequel j’ai monté à Chambord la veille!

La 349 n’est pas très bicycle friendly, sans accotement et mal pavé, mais peu importe car elle descend constamment, quelques centaines de mètres de dénivelé dans une vingtaine de kilomètres, pour vite atteindre Louiseville. Les panneaux annoncent que c’est le royaume du sarrasin, et je m’amuse en scrutant les champs pour essayer de savoir à quoi ressemblent des plantes de sarrasin… encore pas certain.

Oui, j’ai passé par Hérouxville et Louiseville. Je fais le tour de petits villages sans histoire en région avec des maires qui en fument du bon.

Who is Roy and why am I riding on his road?

La 138, bien que parfaitement sécuritaire, est plate à mourir dans ce coin, une ligne droite tracé à travers des champs ouverts au vent et de l’asphalte miteux. Le trafic va et vient constamment en cherchant les sorties de la 40, qu’on voit de plus en plus proche à sa gauche. Il fallait gagner la 40 pour que ça devienne tolérable pour les quelques petits kilomètres avant Berthierville, où j’ai mangé des salades à pâtes au Métro en jasant avec une paire de cyclotouristes ontariens qui visait faire … la route trans-Labrador! Étrangement ils ne portait pas beaucoup de bagages. Ils essayaient d’atteindre TR avant la tombée de la nuit, encore 60 km, donc ils n’ont pas traîné longtemps.

Enfin le fleuve...

Enfin le fleuve…

Il était maintenant vers 19h et j’avais envie au moins de toucher l’Île avant qu’il fasse noir. J’ai donc pesé sur le gaz un peu pour rouler un bon 27 km/h. Finalement j’ai vu le fleuve, avec des gros bateaux qui flottaient là-dessus et l’étrange carcasse de la vielle centrale au mazout de Tracy en mi-démantèlement. Il ne me restait que de compter les kilomètres pour Lanoraie, Lavaltrie, St-Sulpice… et finalement le calvaire de la rue Notre-Dame de Repentigny, interminable, avec une surface minée (bien pire que la rue Notre-Dame à Montréal!) et entouré de banlieue poche sur au moins une dizaine de bornes. J’avais maintenant aussi mal aux mains. Et au cou. Et au fesses. Vivement que ça se termine!

J’ai bien réussi mon défi de toucher l’Île. D’ici au métro c’est plus agréable, car on peut compter les avenues… 81e, 32e, 16e, etc, puis après avoir traversé les raffineries, c’est vraiment Montréal, une petite balade sur la rue Hochelaga et la petite montée à la station du métro… Et voilà. Le tour est bouclé!

Finished!

Finished!

Je ne suis pas certain que le retour en métro soit plus vite qu’à vélo, mais j’étais juste plus capable des nids-de-poule, des feux de circulation, des voitures. Je ne sais pas pourquoi mais ce petit voyage de 428 km a été plus dur que le brevet de 600 km, au moins mentalement – peut-être à cause de la pluie? Si je cherchais une formation pour Paris-Brest-Paris, j’espère l’avoir trouvé, mais j’ai surtout profité pour voir ce coin du Québec (la Haute-Mauricie) qui m’a fasciné depuis longtemps. Si je le faisais encore, soit je partirais d’un peu plus loin, genre Hébertville ou Jonquière, question de flâner un peu sur la plage au Lac et passer quelques kilomètres paisibles avant la montée sauvage dans le parc qui commence tout de suite à Chambord, soit je partirais de Lac-Bouchette ou Lizotte pour éviter la mauvaise route avant la ligne de la Mauricie et rouler un peu plus à la lumière dans cette très belle section de la 155… Mais je reviendrai plutôt avec mon vélo de camping et ses pneus 42-559 (26×1.5) pour faire les routes forestières entre La Tuque et Mont-Tremblant!

Advertisements