Festival des brasseurs du Vermont

by dhdaines

Ça ressemble plutôt à Chambly qu’au Mondial, sauf que tant l’inscription, tant la consommation sont strictement limitées. J’ai été hyper-chanceux en me dénichant quatre billets avant que ça devienne complet, ce qui n’a pris que 11 minutes. Puisque la limite c’est quatre billets, presque tout le monde en achète quatre pour ensuite revendre, échanger, ou donner les extras – donc c’est payant d’avoir un ami qui s’intéresse aussi. Entre nous trois nous nous sommes dits que nous essaieront tous d’en acheter, finalement j’ai été le seul qui a réussi.

En arrivant c’est clair que, contrairement aux festivals à Montréal, ils n’ont pas vraiment pensé au stationnement pour vélos.  On y trouve juste un petit support déjà bondé, mais j’ai suivi plusieurs autres en barrant ma monture sur la clôture à côté de la voie ferrée, laissant les sacs là-dessus. Soulagé par le fait que plusieurs autres vélos stationnés portaient aussi des sacoches, je me suis dirigé vers la porte.  Contrôle de billet, contrôle d’identité (on est aux États-Unis, oui), contrôle juste pour le fun, et finalement on rentre avec ses verres et ses tickets à bière.

Le tarif de 35 $ donne droit à 15 tickets, qui valent chacun une petite bière ordinaire ou la moitié d’une petite bière forte. Petite ici veut dire environ 100ml, et la vente de tickets supplémentaires est limitée, afin d’éviter que ça devienne une brosse cauchemardesque. La politique semble marcher, car on remarque une absence totale de bagarres et vomissements. La température est magnifique, 25 degrés sous un soleil fort, et ça monte, ce qui est pourtant moins qu’idéal pour déguster quinze bières en rafale. J’ai boudé les fortes en faveur des sûres, dont il y en avait plusieurs, car sour is the new hops tsé.

Aussitôt rentré, tout le monde se pointe vers les vedettes, on parle ici de la sainte-trinité de HIll Farmstead, The Alchemist, et Lawson’s Finest Liquids. Mon entourage est vermontois et donc s’intéresse plutôt aux brasseurs québécois, mais en voyant une file assez raisonnable devant The Alchemist, nous nous y sommes installés pour enfin goûter la rare et mystérieuse Focal Banger.  La brasserie nous informe que, dès que leur agrandissement sera terminé, celle-ci sera offerte en cannette aussi. C’est une bière remarquable, un peu moins alcoolisée que la Heady Topper (7 % au lieu de 8 %), sèche avec amertume très équilibrée, mais houblonnage à froid dans le tapis comme on s’attend.  Contrairement à la Heady, l’arôme est plus tropical et fruité que résineux. J’ai pourtant découvert la raison pour laquelle on conseille de boire directement de la cannette – ces arômes partent très vite avec le vent, et pire encore, en sortant de la tente au soleil, ce qui reste prend rapidement des notes de mouffette. J’ai répété cette expérience avec une autre bière très houblonnée et obtenu le même résultat. Boire des grandes IPA en verre clair dehors sous un soleil de plomb – don’t do it!

Heureusement une Berliner Weisse ça prend presque zéro houblon (on parle de 8 IBU sur la pancarte de Dunham), et il en avait en abondance à ce festival. J’ai donc résolu de les en goûter toutes, sauf, évidemment, celle de Dunham car je prévoyais passer par là lors de mon retour à Montréal. La gagnante? C’est celle de Zero Gravity Brewing, la petite brasserie rattachée à la fantastique pizzeria American Flatbread à Burlington, servie avec les traditionnels sirops maison d’aspérule et de framboise. L’aspérule en particuler est toute une découverte – c’est herbacée avec des notes de cannelle et vanille. J’en ai pris deux.

Les Gose? Légèrement salées, délicieuses! (j’avais envie de vous rassurer que non, ça ne goûte pas l’urine la Gose, mais n’ayant jamais gouté à l’urine je ne peux malheureusement pas faire ça). La brasserie Lost Nation en avait une bonne, un peu plus salée que les autres, ce que j’ai fort apprécié dans cette température encore montante. La rouge des Flandres? Mets-en! Comme c’est un style assez exigeant de brasser, on n’y trouvait qu’une, de Flying Goose, mais c’était tellement bon.

Bien sur, presque toutes les bonnes brasseries québécoises (les Trois Mousquetaires et le Castor nous manquaient) y étaient.  Je constate dernièrement que, suite aux contacts plus serrés avec le monde brassicole des É-U, on commence à bien travailler le houblon au Québec, surtout chez le Castor, Dunham et Hopfenstark. Avant, c’était une ruée vers les IBU avec pour résultat des IPA dégueulasses de marde sans arôme ni équilibre, mais astheure on apprend, lentement, de nos erreurs.

Faire 150 km de vélo pour arriver au festival c’est avantageux, car mon métabolisme de base était tellement élevé que l’alcool m’a passé à travers très vite, avec l’aide d’une grande quantité d’eau et une crème glacée (à saveur de whiskey!) de proportions gigantesques.  Nous sommes partis un peu avant la fermeture officielle, j’ai repris mon vélo et monté la côte du centre-ville pour manger un délicieux sandwich au tempeh à la City Market, grimpé la rampe dans le stationnement où mon ami avait sa Subaru (oui, on est au Vermont) et au revoir Burlington!  Je passerai la nuit dans le petit bourg de Marshfield avec sa petite rivière et son magasin général avant partir le lendemain à 8h pour les 209 km de retour chez nous.

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