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Something, but almost nothing

Legends of the Flood

L’ennemi de nos jours nous tombe du ciel et nous remonte des abîmes, en marées rouges et noires, en algues bleu-vert…  Nos stations fantômes rappellent les batailles sanglantes d’antan: Champ-de-Mars, Place-d’Armes, Verdun…  C’est Montréal, mais ce n’est plus Montréal.  Une île devenue archipel, une ville qui tombe en fragments, tordus, artificiels.

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I wanted to write a story about the impending climate emergency, about the false promise of artificial so-called intelligence, about the never-ending bogus controversy over the pieces of cloth that various religious people, but especially Muslim women, like to put on their heads.  I wrote a story about all of these things at once, and I printed it out, and I submitted it, and I dearly hope it gets rejected, because it’s a terrible, nasty (in French I would say très sale) piece of work, and because there will inevitably be someone to say that it’s racist, sexist, homophobic, transphobic, Francophobic, Islamophobic, or just plain bad.

And they will be right, because I am all of those things.

And then I read it, over and over, and I realised that I had already written fragments of it many times before, and perhaps, like so many writers, I am doomed to continue writing and rewriting the same story for the rest of my so far nonexistent career.  I wonder sometimes if we humans are actually capable of having more than one thought at once.  Perhaps we are only able to have one thought, period, which we twiddle nervously in our fingers like prayer beads throughout our life.

I am writing and rewriting flood stories.

We all have flood stories because, and I hesitate to say this because it’s a talking point for deniers of the next holocaust, the climate has changed before.  But what took a thousand years at the dawn of culture, we have done in a decade.  We all have flood stories because we spoke and sang them over and over as cautionary tales over those tens of thousands of years.  We all have flood stories because water is the one true goddess, who gives and sustains life, then rises suddenly in vengeance to take it away.

I am blessed to live in a country, which is not a country, but 3% of the Earth’s fresh water.  The only problem is, like the room with too much electricity in the house that Homer built, it has too much of a good thing: trop, c’est comme pas assez.  Like good food, warm weather, fine wine, and carbon dioxide.  Yes, in Québec we have too much electricity as well, and this is somehow part of the same story.

According to Timothy Morton, the world has already ended twice, first with the invention of the coal-powered steam engine which marks the dawning of our nefarious age, and then on August 6, 1945, with the atomic holocaust of Hiroshima and Nagasaki.  But these are entirely arbitrary choices.  We could just as easily say that the world ended on October 12, 1492, the beginning of yet another holocaust.  I watch the waters rise around the island I live on and think that it is the beginning of the End, and I write a story about it, but this end has already come and gone, again and again, just a few hundred kilometres away, in Mashteuiatsh, Kitcisakik, Opitciwan…

In reality the world has no end.  But life, even human life, does.

If only death is real, then what is extinction?

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I tak się własnie kończy świat / Nie hukiem, nie skomleniem
Lecz szumem bełkotu ślepców / Zapomniałych własnego upadku
Mgła – “Further Down The Nest”

Ce qu’il faut

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Je l’avais cherché, le silence.

Je me suis dit que pour retrouver ma voix, il fallait repartir d’en-dessous de zéro, en cernant de silence le battement du cœur.

Le jour de l’An, par -23 degrés, j’ai regardé lever le soleil sur le terminus Cartier à Laval en attendant l’autobus vers le Nord, un sac au dos et des skis à randonnée dans la main. Sur l’aréna à côté de la gare est peint un mural rappelant le logo de la ville, un assemblage eschérienne de murs en perspective colorés, signifiant, on imagine, la marche vers l’avenir. J’y vois plutôt un labyrinthe sans issue.

On a beau morceler le territoire des proches-Laurentides en lotissements de villégiature, en chalets-nature de 24 pièces, en nouvelles banlieues de la banlieue, un lac gelé reste une zone de liberté éphémère, une surface qui appartient à tous et à toutes et à personne. Et sur le lac Pas de Poisson, dans le calme de la tempête, au centre d’un univers monochrome, les gros flocons clouant au sol le murmure du monde, j’ai failli trouver ce que je cherchais. J’ai glissé jusqu’au centre du lac, pour m’entourer du vide, cessant le faible martèlement de mes bâtons contre la banquise pour ne ressentir que le va-et-vient du sang dans mes veines, pour m’ouvrir à la suite.

Sitôt arrêté, deux skieuses m’ont salué en cherchant une balise. Nous sommes échangé des plaisanteries sur la température et répartis, chacun suivant les traces de l’autre. Au retour à l’auberge, j’ai soupé en lisant un roman, puis je me suis endormi sans rien écrire.

Le silence est souvent associé à la nature sauvage, aux grands espaces, et au Nord. On a tendance à penser que le silence est préalable à tout travail d’introspection, de contemplation, de création. Et pourtant, la nature n’a rien de silencieuse, à défaut de s’asseoir dans l’oeil d’un ouragan. Les grands espaces ne sont-ils pas aussi, dans les clichés des agences de voyage, balayés par le noroît et remplis des cris des loups, des grincements des arbres, des gazouillis de grillons ou de faux-grillons? Le Nord n’est-il pas aussi le paradis de la motoneige et de la carabine?

En Laponie finlandaise, il se tient chaque année un festival du silence, où se produit sur scène du cirque et de la musique tout sauf silencieux. Le silence, d’ailleurs, s’y exprime par des mots plutôt difficiles, hiljaisuus en finnois ou jaskatvuohta en same du Nord. Dans la poésie innu-aimun de Joséphine Bacon, le concept du silence se traduit par apu tshekuan petakuan, littéralement « quelque chose qui ne s’entend pas ». Dans le 4’33” de John Cage, ce n’est pas le silence qu’on écoute mais plutôt tous les sons ambiants qu’on n’aurait pas remarqués autrement.

On a beau chercher le silence, on ne le trouve qu’en opposition au bruit et surtout en relation à la parole. Le silence absolu n’existe que dans le vide absolu, là où il n’y a pas d’oxygène, où nul ne peut respirer, où nul ne peut parler, où nul ne peut survivre.

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Je l’avais cherché, l’éloignement.

Au pied du massif du mont Mégantic, il faisait 7 degrés et de la pluie. L’hiver tirait à sa fin. Je me sentais pressé. Je suis monté au refuge du mont Saint-Joseph dans la brume, en sueur dans mes grosses bottes imperméables qui me faisaient mal aux talons.

Cette montagne, je l’avais déjà contournée deux fois à vélo, à mi-chemin sur un parcours de 600 kilomètres. Vue de la route nationale 212 au coucher du soleil, et invisible de la 214 dans la noirceur, elle ressemblait à une forteresse basaltique entourée en permanence de nuages, en-dessous des ténèbres et au-dessus d’une terre dépossédée, un pays de fanatisme et de désolation. La Haute-Estrie me paraissait rien d’autre que la fin du monde, avec ses chemins solitaires en ligne droite, tracés à travers des forêts sombres de conifères, sans égard au terrain et aboutissant abruptement à la frontière. Çà et là on y a posé des crucifix grotesques et démesurés, peints de couleurs fantasmagoriques et inscrits en latin, qui veillent sur les hauteurs.

J’avais apporté des chandelles, un carnet, un stylo-bille, deux canettes de bière et quelques poches de nouilles à manger. Seul dans ma tour maléfique tel un sorcier de Tolkien, j’allais retrouver mon pouvoir d’écriture. La nuit tombée, le vent s’est mis à souffler et la bruine est devenue verglaçante. La petite cabane d’une pièce se baignait dans une faible lumière rougeâtre doucement clignotante. Ici, au sommet d’une montagne plus ou moins sacrée, j’avais choisi de m’isoler à côté d’une antenne de communications.

J’ai écrit à peine deux pages en buvant les bières, et le lendemain j’ai posté directement sur Instagram des clichés de mes raquettes givrées.

Le sentiment d’éloignement figure sur une carte à géographie variable. En remontant l’autoroute 91 de New Haven, le nord-est du Vermont a des relents d’un trou perdu habité par une faune humaine aux mœurs suspects, alors que de l’autre côté du 45e parallèle se trouvent la Route des Vins et les bistrots branchés de Sutton et de Magog. La halte routière sur l’autoroute 15 en sortant de St-Jérôme se targue d’être la Porte du Nord, ce qui devrait tuer de rire n’importe quel résident de Schefferville ou d’Oujé-Bougoumou, qui sont à leur tour bien plus méridionales que les grands métropoles scandinaves et russes.

Peut-être faut-il plutôt de l’éloignement mental, celui que Annie Dillard décrit avoir trouvé dans une pièce en béton sur un toit en goudron dans son Writing Life, car la descente en soi est par définition une descente au milieu de nulle part. Comme on oppose souvent l’écriture et la vie, il faut s’extirper de la vie quotidienne, ce qui se fait également de près ou de loin dans notre monde hyper-connecté. Le pôle de l’inaccessibilité se prend en égoportrait à tous les jours. La vie intérieure, elle, n’est même pas sur MySpace.

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Je l’avais cherché, la solitude.

La neige durable avait battu en retraite vers les ubacs des hautes Laurentides. À Montréal, c’était le festival de la crotte de chien à moitié dégelée. Ma conjointe était partie encore quelques semaines sur une résidence artistique, et je me suis retrouvé un samedi après-midi seul dans la grande aire ouverte cuisine-vivoir-studio-atelier de notre ancien appartement du dernier étage, face à une fenestration immodérée construite à l’emporte-pièce de trois portes coulissantes bon marché, donnant sur une terrasse délabrée à moitié déneigée. Il y avait des provisions au frigo et une vieille chienne grise qui dormait au lit et qui m’ignorait complètement dès le déjeuner jusqu’au souper. J’avais fermé les calorifères pour laisser le soleil printanier chauffer doucement la pièce. À vrai dire, je n’aurai pu mieux imaginer comme espace de vie. Pourtant en matière d’écriture, j’en arrachais.

Il fallait changer de place. J’ai fermé l’ordinateur et je suis sorti dans la rue avec seulement un carnet et un crayon. À deux coins de rue j’ai croisé la microbrasserie du quartier. Il faisait sombre à l’intérieur et la clientèle vaguait entre les tables et le trottoir. Je suis entré et passé à travers le flux de monde pour m’installer au fond du bar, où je me suis commandé un grand verre de la bière la moins alcoolisée. Puis, je me suis mis à écrire, à main, en encre, dans un cahier Canada ligné. Tout l’histoire d’un personnage s’est pris forme devant moi, sa lutte contre soi et contre le regard des autres, sa fuite et sa rédemption. J’ai passé tout l’après-midi et la soirée à écrire, seul mais entouré de monde, mes mots exposés sur la place publique mais dissimulés par l’anachronisme du stylo-bille. Je suis sorti dans la nuit, saisi de ma création, dessaisi de mon angoisse, rassasié de petite bière et de grosses idées.

À mon retour le chien m’a failli dévorer la main droite tellement elle avait faim.

On écrit pour les autres, mais souvent à l’abri du regard des autres. Cependant, s’il faut de la solitude pour écrire, comment expliquer la prolifération d’ateliers de création collaborative, les exercices de poésie en direct, et toute la filière de l’improv? L’existence même de la figure du scripteur témoigne de son désir d’être vu en écrivant.

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Je l’avais cherché, l’espace.

Un été, mon père venait de passer presque un mois à l’hôpital. Finalement, en entendant qu’il faisait une septicémie, je me suis acheté un billet d’avion pour aller le visiter. Réveil à 4h30 un mardi matin, cinq heures et demi en classe sardine pour me rendre à Victoria. Je me suis dit que ce temps me servirait bien pour travailler; j’avais pris soin de transférer le code source des logiciels sur lesquels je travaillais sur mon ordinateur portatif pour m’y remettre durant le vol. Toutefois, en ouvrant l’écran j’ai tout de suite parti un fichier de texte pour écrire tout sauf du Python.

J’avais en tête deux romans depuis à peu près trois ans, mais très peu écrit de l’un ou de l’autre. Tout d’un coup, en dépassant les dix-mille-pieds d’altitude, j’ai perçu le fil conducteur entre ces récits, entre les grands thèmes qui s’y dégageaient. J’ai travaillé et retravaillé un court essai pour m’orienter, et ensuite j’ai nommé les chapitres et rassemblé les fragments qui traînaient dans mes répertoires.

Dans cet instant j’ai tout connu des personnages, du monde qu’ils habitaient, mais surtout du monde dont ils rêvaient et du monde qui aurait pu être. Dans mon orgueil je me suis convaincu de la nécessité d’écrire ce qui est devenu un seul livre, comme si ces désirs de ces personnes fictives de réparer leur vie, de réparer l’histoire, seraient assouvis par l’acte de les réaliser, ne serait-ce sur papier. Dans mon état plutôt fragile je n’ai pu me retenir de pleurer, tout en essayant de le cacher en me mouchant le nez d’une serviette en papier. En atterrissant, la femme d’à côté m’a offert un tissu et, un peu gêné, j’ai menti en disant merci, je suis un peu enrhumé, j’ai le nez qui coule… Elle m’a raconté qu’elle avait passé le vol dans une tentative d’écrire l’hommage qu’elle allait offrir prochainement à son frère lors de ses noces, mais ça l’avait trop ému et elle s’est trouvé au bord des larmes avec rien d’écrit, ou presque.

Mon père m’attendait à la sortie de l’aéroport, maigri d’une quinzaine de livres mais debout sur les deux pieds et bel et bien vivant. Le roman, par contre, repose encore au fond d’un tiroir infonuagique.

Le non-lieu selon Marc Augé, c’est un endroit artificiel de la surmodernité, où l’identité ne se construit pas et où les relations humaines authentiques ne peuvent exister. Tous les espaces associés au transport aérien sont des non-lieux à divers degrés. Les aéroports, les cabines d’avion, les passerelles d’embarquement, les magasins hors taxe, les salles d’attente: ce sont des endroits sans histoire qu’on occupe sans les habiter. Mais dans cet anonymat transitoire, où très peu est permis, il est quand même possible pour deux étrangers de partager un profond saisissement mutuel, dissimulé mais néanmoins réel. Comme des adolescents qui flânent dans le stationnement d’un centre d’achats à Chicoutimi-Nord, comme tout geste d’humanité, l’acte de création peut transformer même le non-lieu le plus stérile en espace de vie.

Que faut-il donc, pour écrire, pour vivre?

La nature? Le silence, la solitude, l’éloignement, l’espace?

L’écriture, la vie.

The Forest and the Desert

Most of my time spent writing lately has been in the context of a workshop class at UQÀM, the end product of which is a pair of short stories.  Along the way I ended up writing the second one three times, three different ways, though this wasn’t actually required by the course.  I was just unable to decide whether to follow through with my original concept.  I think, in the end, that I’m glad I did.

It is possible that I will simply publish the two final pieces on the blog here as it seems wrong to separate them, and the chances of them being accepted for publication elsewhere are probably approximately zero.  For those who won’t read them anyway (since they are in French) and yet somehow find themselves reading this, they are the story of a grieving mother and a daughter, set between the suburbs of Montréal, Los Angeles, the foothills of the Canadian Shield, and the high desert of California.  In English, we “go through” or “get over” a loss or a period of mourning, while in French we go across it: traverser le deuil.  As if crossing a forest or a desert, on skis or on foot.

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As human beings we all ultimately descend from the deserts of southwestern Africa.  The desert is a place we can live with very little technology, cooled by our smooth, sweaty skin, carried across the sand by our long legs, “born to run” as the eponymous book puts it, in search of food and water.  Yet technology is also what makes us human.

A forest is only inhabitable through the mastery of snowshoes, skis, furs and fire.  Across the long boreal axis stretching from Sápmi to Nitassinan, a timeless blueprint for living emerged, descending to the plains and the seas in the summer and returning to the woods and the swamps in the winter, when snow and ice make it possible to move again.  But in the temperate climates of western and southern Europe, rather than live with the forest, we learned to fear and hate it.  Anthropogenic climate change did not begin with the steam engine but with the deforestation of the Mediterranean basin.

It is too late to go back to this way of life, and most of us, myself included, probably would not want to.  It is even more unthinkable to return to the desert.  To believe otherwise leads inevitably to the madness of Pentti Linkola or Ted Kaczynski.  And yet this is a great, fundamental loss we have not even begun to get over, un deuil primordial dont on n’a même pas amorcé la traversée.

True Nordic Wax Metal: The Definitive Guide

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A little-known offshoot of the Scandinavian ski metal scene was the short-lived but immensely influential Second Wave of Wax Metal.  These bands took their influence from the song “Wax Metal” by the British band Venom, who had probably never skied a day in their lives.

The classic album defining the genre is “Under the Sign of the Wax Mark” by the Swedish band Waxory (portmanteau of “wax” and “factory”), consisting of the enigmatic and mysterious Voithon and a rotating cast of studio wax technicians.  This album featured the timeless rippers “P-Tex Candles” and “Enter the Eternal Iron”.

Norway was not to be outdone, and the most long-lasting wax metal band of all time (though they now claim to simply be “Skiing Metal Punks”) is Waxthrone, hailing from the suburbs of Oslo.  Their early work is all sung in Norwegian, with song titles like “Over Ny og Finkornet Snø”.  Like many Norweigian wax metal bands, a toxic air hung over the start their career, but they claim to never have burned any ski bases, or espoused fascism or fluorocarbons.

The “controversial” aspect of the scene is symbolized by the Finnish group Satanic Waxmaster, who alienated many with their song “My Dream of (Grip) Tape”.  Another slightly shady Finnish bad was Fluorinated Nazarene, who played a hybrid of wax and skin metal on their album “Uudelle Lumelle Perkele”, and were criticised for their hydrophobic lyrics.

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In response, some Canadian and Italian ex-pats in Norway founded Laurentian Forest, whose album “Black Shining Klister” included a scraper in the LP version, and could only be played after being chilled to -5C or below.

Sous la forêt, la plage

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… la forêt ici a pris racine sur du sable, [et] l’humus, le sol vivant, ne sert qu’à recouvrir du sable … nous marchons par conséquent sur un désert souterrain qui n’aspire qu’à faire surface, qu’à se gondoler en dunes mobiles et majestueuses qui partiront un jour, vagues d’assaut minérales et arènes en mouvement, à la conquête du monde. Partout, et surtout ici, je ne vois qu’un désert en sursis.

Louis Hamelin, La Rage

An enduring feature of the foothills of the Laurentians are their vast sandpits, usually criss-crossed with quad tracks and barely concealed from the road behind a scraggly row of balsam fir or birch trees.  The mountains, now barely worthy of the name, were once taller than the Himalayas, but two million years of advancing and retreating glaciers first scraped away whatever semblance of topsoil may have existed, then ground down the underlying rock as well.  When the ice finally retreated, the lowlands of the Saint-Laurent and Lac Saint-Jean sat under a vast inland sea accumulating wobbly clay while the fringe of the uplands was stuck with a huge ridge of sand and gravel, but mostly sand, tracing an arc from Gatineau to Tadoussac, known as the Saint-Narcisse morainic complex.

All this means that as soon as you leave the pavement on a bike in the “North”, it becomes apparent that the term “gravel grinding” is not quite accurate.  Whereas in the prime gravel regions of the Eastern Townships you might encounter firm clay that turns to peanut butter in the rain (the sol argileux that will ironically give us one of the world’s great wine-making regions once we have thoroughly fucked up the climate for everyone else), in some parts of the Laurentians you’re more likely to flail wildly in loose sand in just about any weather.  Why would you do that, then?

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Certainly, “because you can”, and “because it’s hard, so it must be worth doing” are two valid answers.  But also, clearly, because the backcountry is beautiful, and for at least a week or two every year, it also has some of the greatest beaches in the world, the upside of all of that sand and a million shallow, nearly sterile lakes.

Long-time readers of this blog (all none of you) know that I’m slightly obsessed with place names, and that I consider the loss of indigenous place names to be a great tragedy.  So as I remark ironically that for me to talk about riding my bike with a packraft to the Lac des Îles is nearly meaningless since there are some eighty-odd lakes with that same name, not to mention the hundreds of Lacs en Coeur, Lacs Rond, Lacs en Croix, and so on and so forth, remember that these places all had different names in the not-so-distant past.  While some of these names were probably just as boring as the French and English ones, we know that many of them were and are a living repository of history and traditional knowledge.  On the other hand, naming a lake for its shape or its islands at least serves an informational and navigational purpose, unlike the frankly offensive practice of renaming things after some random white guy or a real or fictional Catholic saint:

Okay, if you don’t understand French or Innu-aimun then that might not have been all that informative either.

I had originally planned to go to the more imaginatively named Lac Sans Bout, but my limited vacation time put it slightly out of reach.  So instead, I carried the packraft on my back on pavement all the way from Montréal to the first campsite in the ZEC Lavigne where I camped for the night before setting off on a “gravel” adventure which I hoped would take me to the island paradise of my dreams.

If you bike into a ZEC by the main access road, you might be fooled into thinking that you can simply cruise along at near-pavement speeds on your 38mm wide tires like a common Jan Heine.  One peculiarity of a ZEC is that, unlike a national park, people live there.  Which means that, as everywhere else in Québec, they will drive their Civics, Yarises, and Versas to get there even in the most improbable weather conditions.  So, for the first few kilometres, the road will be remarkably good.  In fact, the road into the ZEC Lavigne from St-Côme is not only quite passable but downright beautiful.  On the map, though, you can see clearly where the road changes from red to orange, and that’s where the fun begins.

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I probably wasn’t doing myself any favors with the way my bike was set up – the really wide handlebars and all of my camping equipment (such as it was – actually just a hammock and a light sleeping bag) loaded on a porteur rack made it pretty difficult to keep the front wheel under control on steep uphills, many of which I ended up walking.  In general, though, the ZEC Lavigne has pretty good roads.  The ZEC des Nymphes, where I spent the afternoon after a quick stop in St-Zénon and a 10km slog down the 131 into the wind, is a different story.

The terrain here is low hills rather than 700-metre mountains and escarpments, and perhaps because of this it’s basically sand all the way down.  Route 2 (the roads are numbered in a ZEC) might be “suitable for cars” all the way in, as noted by a red line on the map, it’s not particularly enjoyable on a bike.  I learned to spot the particularly sandy parts, usually at the bottom of hills, ahead of time in order to anticipate the inevitable fishtailing and prepare to unclip and put a foot down if necessary.

If Route 2 was annoying, Route 3 was downright disheartening.  It started out with a series of steep, rocky hills, which were fun in their own way, but quickly degenerated into a series of long flat runs of deep sand, where it was impossible to make forward progress.  I found myself walking both the flats and the climbs and riding the brakes with both hands on the descents, gingerly picking my way around the large rocks.  It was starting to get late in the afternoon and I wasn’t finding any suitable campsites or water sources.  In the end I decided to turn around and try the other side of the lake.

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On the way out, I had noticed diamond-shaped pieces of coroplast tacked to the trees by the side of the road.  As it turned out, this was the semi-mythical Sentier Multifonctionnel which I’d been curious to ride for the last few years.  It seems that, unfortunately, it mostly follows sandy ZEC roads for a lot of its length, which would explain why people are mostly interested in skiing, dog-sledding, and riding fatbikes on it.  However, I noticed that at one point it broke away from the awful Route 3 and into the woods on a narrow double-track trail.  I followed this for a few hundred metres before turning around since I didn’t have a good map and my phone was quite low on battery power, but I was amazed at how easy it was to ride as opposed to the road.

I realized that there is a simple explanation for this: this trail was actually a very old road, built before the rise of powerful bulldozers and other machinery capable of stripping the topsoil to make a “smooth” and level surface suitable for motor vehicles.  But a few inches of topsoil, fed and maintained by the living forest, is the only thing holding the land together here.  Without it, everything reverts to a post-glacial wasteland of rocks and sand which swallows up any attempts to improve or stabilize it.  It’s not a desert, because a desert is only dry, not lifeless.

Stay tuned for more rambling about islands, packrafts, and rim brakes…

 

 

Laisse-moi

Laisse-moi regarder par la fenêtre
Laisse-moi chercher la prochaine balise
Laisse-moi tourner la manivelle du destin
Laisse-moi ouvrir le sentier vers l’avenir
Laisse-moi
le temps
de transit

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There’s something about an empty space on a map.

After a few years of cris-crossing the vast (and frankly somewhat boring) bottomlands of the St. Lawrence valley on bike tours and brevets de randonneur, I came across this article in Géo Plein Air, proposing a series of “backcountry” touring routes stretching from Saint-Michel-des-Saints all the way to Charlevoix.  Unfortunately this article leaves a lot of questions unanswered about the actual logistics of bike touring in the mountains and woods of Quebec, the first and foremost being… on what roads?

North of Montreal and east of the increasingly suburbanized A-15 corridor, the standard road map shows only a few spindly “fingers” grasping the edge of the Canadian Shield, seemingly leading nowhere: the 125 to St-Donat-de-Montcalm and the 131 to Saint-Michel-des-Saints.  And yet anyone who has ridden a bike on these, particularly on a long weekend, can attest to the fact that “nowhere” is a very popular destination, and will recognize the singular emotion I call shoulderfreude – the pleasure of cruising past several kilometers of cars, trucks, and boats waiting at the first traffic light on the 125 in Ste-Julienne.

Enlightened students of history know that an empty space on a map is never truly empty.  At best, the appearance of a void nourishes the pretension that in entering it one becomes part of a select club, the first or the few to have seen a supposedly untouched wilderness.  At worst, it feeds the delusion of terra nullius, willfully ignoring the evidence of indigenous occupation in order to take control of the land for some foreign king or country.  But archaeology and oral tradition tell us that there is no such thing as untouched wilderness, and there is no empty space on the map; all of North America has been inhabited at some point since the end of the last ice age.

Until the early 19th century, basically everything north of St-Jérôme (what we call le Nord even though it’s around the same latitude as southern France) was technically part of Quebec (falling south of a quite arbitrary line drawn in the Royal Proclamation of 1763), nominally “owned” by the British Crown, but in reality occupied as it had been for millennia by the Anicinape and Nehirowisiw peoples, and more recently by occasional fur traders.  At some point, fur went out of fashion and the British Navy needed more wood for boats, and this terra was rapidly made nullius by force in a wave of deforestation pushing relentlessly northwards, destroying the ecosystem that made it inhabitable.

The land here is young and fragile, only an inch or so of topsoil on top of rocks and sand, and legend has it the only thing that saved it from washing away was the omnipresence of the national tree of Quebec, the yellow birch (merisier), whose wood is too dense to float and was thus too costly to remove at a time when rivers were still the only means of transport.

Once the wildlife came back, the provincial government began to sell (and give away as political favors) hunting and fishing rights to rich Americans and exclusive private clubs, to the point where basically the entire area immediately north of the St. Lawrence and Ottawa valleys, from Témiscamingue in the west to Tadoussac in the east, was strictly off-limits to the public. The three different categories of nature reserves were established by successive attempts to restore public access.  While previous Liberal governments had bought out a few the private clubs, creating much of what we now know as the parcs nationaux and réserves fauniques of the Sépaq, in 1977 the Parti Québécois government simply revoked their right to control access to the territory, which was, after all, publicly owned land.  This was followed by the transformation of the remaining clubs into ZECs (zones d’exploitation contrôlées or “controlled harvest areas”), which are basically wildlife preserves managed by non-profit cooperatives of local hunters and fishers.

Hunting season is only a small part of the year, so the rest of the time, everyone is free to visit a ZEC.  Unlike national parks, you must sign in and sign out when you leave.  But also unlike national parks, the fees for entering a ZEC are only charged for motorized vehicles, because, quite sensibly, their purpose is to fund the maintenance of the road network.  As for the quality of this maintenance, well… there’s only one way to find out!  So a month or so back, sometime in the middle of the endless heatwave that may or may not be the new normal (as they say, it will ket wörse), I piled a bunch of camping gear on my bike and pointed the compass due North, with a tentative plan to make an arc from St-Côme to Mandeville through the ZEC Lavigne and Zec des Nymphes.  And to camp on an island, if possible.

To be continued

Paris-Brest-Paris 2015, part 3: Where in the Hell is Villaines-la-Juhel?

Un accueil chaleureux...

Un accueil chaleureux…

D’habitude j’écris plutôt en français sur des affaires de vélo, mais il me semblait utile de commencer mon récit du Paris-Brest-Paris Randonneur en anglais pour atteindre le plus grand public international. Il y a pourtant des petits détails qui manquent à l’appel dans la langue de Shakespeare.

Par exemple, un québécois qui fait du cyclotourisme en France sera vite frappé par sa riche toponymie. Fini l’interminable passage de Saint-Machin à Notre-dame-de-la-Patente en passant par East Nowheresville! Au-delà du génocide de la tradition orale autochtone qu’ont commis les commissions de toponymie en purgeant les “noms sauvages“, c’est aussi juste fucking plate se perdre dans un champ de maïs en Montérégie parce qu’il t’a fallu suivre le rang des Soixante-Neuf vers St-Marc au lieu du rang des Beauchemin vers Ste-Martine ou whatever. Chose qui n’arrivera jamais en France, merci. Chose qui passera pas mal inaperçu pour l’anglophone unilingue.

Donc je vous fera ci-dessous une récapitulation francisante, deux ans plus tard, de ma randonnée jusqu’aux points de suspension de mon dernier billet à ce sujet (on dirait quelque part dans un champ de foin en Bretagne, pas loin de Tinténiac). Et je vous parlera de toponymie, car c’est de ça que je me suis aussi parlé pendant mon Paris-Brest-Paris, souvent à voix haute, pour éloigner le sommeil et me distraire de mes fesses en feu et mon pédalier de marde qui faisait ckrrkkr-krkk-rkrkr sur environ mille kilomètres. Mais il n’y a pas que la toponymie dans la vie.

Il y a aussi la pâtisserie.

Et le cidre.

Le bilan des deux premiers jours et trois nuits du PBP se résume à: deux bières, une bouteille de cidre, deux verres de cidre, six baguettines, un demi-paquet de Boursin, quatre crottins de chèvre, un pot de “Madame Loïk” (genre de fromage à la crème Liberté mais fabriqué à Longueuil-sur-Ille au lieu de Longueil-sur-Mer), des pâtes, encore des pâtes, environ 7000m de D+, huit heures de sommeil, encore plus d’heures de gossage aux contrôles ainsi qu’à la recherche d’un kouign amman (plus difficile d’en trouver en Bretagne qu’à Montréal, étonnamment), 70 km/h en descendant vers Landerneau, l’ascension du Roc’h Trevezel accomplie entièrement sur le gros plateau, un hypermarché, un Lidl, plusieurs bananes, du grelottement en masse pendant une nuit glaciale à Carhaix, des panneaux de route en breton, patati, patata, une galette saucisse, une crêpe.

I. C’est Dingé ton truc mon pote!

Les français ont des claviers AZERTY qui ne leur permettent pas de taper des accents sur les majuscules. Donc, ils ont pris l’habitude de les omettre un peu partout, même sur les panneaux de route. Cela fait en sorte que les milliers de villages dont le nom se termine en -É ont l’air de terminer en -E. Mais pourquoi tous ces villages-é, sourtout en Mayenne et Ille-et-Vilaine? On en a croisé une bonne dizaine, de Broué à Dingé en passant par Beaucé, Chantrigné, Brecé, alouette. (alouetté?).

En effet il s’agit d’une indice de la frontière linguistique entre le normand et le gallo, langue de la famille romaine qu’on parlait en Bretagne quand on ne parlait pas breton. Et moi qui pensais que tous ces noms en -ac faisait partie d’un passé celtique comme les personnages d’Astérix… mais non, au contraire, cette terminaison est la version gallo du latin -acum, comme on nommait les villes un peu partout. J’ignore ce que ça veut dire. Je suis aussi trop paresseux pour aller chercher sur Wikipédia pour vous, cher lecteur. En tout cas les normands ont transformé ça en -é mais l’original a été retenu partout dans la partie latinisante de la Bretagne, qu’on aura passée lorsque les villages en -ac cèdent la place aux villages en ker-…

II. C’est rigole l’eau, surtout en Bretagne!

Une rigole, c’est un genre de canal ou de fossé, et il y a un temps où les Français en ont creusé un peu partout dans l’intérieur de la Bretagne. Il semble que ça sert désormais à faire du vélo de montagne (du VTT en France… voilà de quoi faire de beaux malentendus transatlantiques…) ou quelque chose.

III. Charchigne… le jackpot de la beigne

Ce qui est vraiment le fun sur le Paris-Brest, c’est tout le monde qui est venu au bord de la route pour te saluer ou te vendre ou simplement t’offrir toute sorte de truc à manger et à boire.

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Treve de plaisanterie!  Pas le temps de niaiser!

Bien sûr l’endroit s’appelait « Charchigné » mais je trouve que le manque d’accent le donne un air de casino.  Et c’est là, un peu passé Villaines-la-Juhel, qu’une pâtisserie/boulangerie s’est posé une table le premier matin du Paris-Brest pour me vendre des beignes et du pain bien meilleur que ce que j’ai pu trouver aux contrôles.  C’est un conseil que j’ai appris un peu trop tard – il ne faut pas trop se soucier de l’alimentation sur Paris-Brest car il y aura toujours (même à 3h du matin) quelqu’un pour te vendre ou t’offrir quelque chose de bon.  Parfois pour quelques euros et parfois même juste pour la promesse d’une carte postale!

IV. On peut-tu encore croiser des Tremblay en Randonnai?

En partant de l’aéroport Charles-de-Gaulle (Roissy) à vélo, on est vite surpris de se trouver dans la municipalité qui porte le nom très ironique de Tremblay-en-France. Ils sont fous ces Français! Tout le monde sait que les Tremblay, ça vient du Saguenay, ou peut-être de Charlevoix, j’en sais pas trop. Voyons, qu’est-ce qu’ils font là-bas en France?

En plus, on est au milieu d’une de ces supposées zones de non-droit dont les politiciens américains et leurs admirateurs québécois caqo-meuto-conservateurs nous parlent sans cesse… le très épeurant 93. Je m’attendais à me faire voler avant d’être forcé de convertir à l’islam dans l’espace d’un kilomètre, mais pour la plupart je n’ai vu que des champs. Quelques épis de maïs m’ont quand même épié d’une manière quasi-menaçante…

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Très déçu par l’absence criant de pitbulls en train de mordre des kalach suspendues dans l’air ici à S.E.V.R.A.N.

Pour descendre à Paris j’ai du passer par quelques boisés et longer un genre de canal Lachine mais sans odeur d’égout, pour finir dans une agglomération de condos et anciens bâtiments industriels transformés en bureaux, le tout marqué par de plus en plus fortes concentrations de graffitis très colorés. En fait ça ressemblait pas mal à ce qu’on trouve en rentrant à Montréal de l’aéroport Pierre-Eliot-Trudeau (Dorval) à vélo.

(pour ceux qui ont manqué la joke dans la photo précédente)

Un « tremblay », comme j’ai appris plus tard (merci Wikipédia!), c’est tout simplement une forêt de … trembles. Facepalm! Et la région archi-plate et parfaite pour faire pousser du maïs et des aéroports qui entoure le nord-est de Paris s’appelle, étrangement, le « pays de France ». Mais l’histoire n’arrête pas là, parce que nos Tremblay nationaux et nationales sont vraiment parties* d’un tremblay, quelque part en France. Et on allait passer justement par là en route vers Brest!

*remarquez, cher lecteur ou lectrice, que cette phrase est doublement inclusive, juste pour faire chier Christian Rioux.

V. Perché en haut de la Mortagne

Si le Québécois lambda connaît une région de la France hors de Paris, les chances sont bonnes qu’il s’agit du Perche. Parce que les chances sont bonnes que ce Québécois s’appelle Tremblay et sont ancêtre est donc parti de là. En fait plusieurs patronymes du Canada tirent leur origine d’un Percheron qui s’est tanné de l’Ancien Régime et trouvait ça donc ben le fun d’aller s’installer dans la région de Québec. Il s’appelait peut-être Paul ou Pierre mais il viendra ici pour faire des Adélard, des Onésime, des Angélique, et des Francine qui engendreront à leur tour des Kéven, des Steeve, des Cynthia, et des Marie-Fleur.

J’aimerais écrire davantage sur la beauté de ce pays du Perche, avec ses majestueuses forêts (de trembles ou pas) et ses beaux chevaux robustes et élégants, mais il faisait noir dans les deux directions quand j’y ai passé, alors je n’ai strictement rien vu.

VI. Sainte-Marde-de-Réno-Dépôt

Je n’ai vraiment rien d’autre à dire, à part que, j’ai bien aimé faire des jokes plates sur le noms des lieux dans ma tête pour passer à travers 1225km de vélo. Je trouve ça triste que Saint-Mard n’a jamais fait partie de tous ces saints plus ou moins réels qui ont marqué le paysage québécois. Maintenant, il se trouve sûrement au ciel en train de chiller avec Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Calixte-de-Kilkenny. Ils ont probablement parti une ligue de pétanque. Où peut-être il est en couple avec Saint-Michel-des-Saints qui, lui aussi, a vraiment existé.

Non, je vous niaise, car Dieu n’existe pas (au moins, il n’en existe aucune preuve véridique) et la vie éternelle non plus. Fait que, d’une certaine manière, tous les saints sont faux. Sorry!

VII. C’est donc ben plate le drouais…

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C’est ouf mon pote!

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Je l’ai bien mérité!

VIII. …jusqu’à ce que la pluie te coupe l’Élancourt

Ce qui m’a vraiment surpris sur ce Paris-Brest-Paris, c’est qu’il n’y avait aucune pluie jusqu’à la toute fin.  Une chance que je n’avait pas apporté un manteau vraiment imperméable.  J’avais dormi sous une table dans la cafétéria à Dreux jusqu’à l’aube en pensant reprendre un peu de force (il me restait aussi beaucoup de temps pour boucler les 60km qui restaient).  Malheureusement la pluie a eu la même idée que moi.

Le jeu de pédalier commençait à sérieusement m’énerver à ce point et les dernières heures m’ont parues très, très longues – heureusement, après la plaine très ennuyante du pays drouais, on a eu droit à une forêt domaniale et quelques belles montées pour se garder au chaud.  Par contre, les automobilistes sont devenus beaucoup moins courtois et les gens dans les villages, assez méfiants à l’égard des cyclistes, probablement sous l’effet de se trouver dans la troisième ou quatrième couronne de Paris.

Les cyclistes taïwanais ont vraiment eu l’affaire en matière de technologie – j’en ai vu qui avait même des tablettes fixées sur le guidon et alimentés par leur dynamo (en passant, le dynamo taïwanais SP et le chargeur Sinewave m’avaient très bien servi tout le long du P-B-P).  Après me faire doubler par un gars avec un assemblage de bébelles électroniques jumelé à un système de haut-parleurs pour l’accompagner avec de la musique, je me suis dit, pourquoi pas en faire pareil avec mon téléphone.  C’était donc sur un air faible de Freewheel Burning par Judas Priest que je suis rentré dans la grande région de Saint-Quentin-en-Yvelines.

La fin d’un Paris-Brest est assez décevant, surtout si l’on met presque 90h à le faire.  Les douches ont manqué de serviettes et on faisait la file pour un repas industriel réchauffé.  Pas de trouble car une grosse bouteille plastique de cidre m’attendait à l’AirBnB à Versailles!  Malheureusement, après m’être réuni avec Trevor (qui avait terminé 4-5 heurs avant moi, ayant sagement choisi de ne pas dormir à Dreux) et mangé presque toute la bouffe qui nous restait, il fallait me pointer à CDG (Roissy) vers 9h le lendemain.  Je n’étais pas sur d’être capable d’amener mon vélo sur le RER A car c’était en heure de pointe, et j’avais échoué à passer la barrière, mais heureusement le préposé qui m’a aidé … était lui aussi un ancien de Paris-Brest-Paris, qui m’a raconté l’enfer pluvieux de l’édition 2007.

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Ça c’est donc ben ouf!  Ma chéfour est toute étép!

En arrivant à Montréal avec mon vélo j’ai empoigné une tige de la fourche pour enlever la roue avant … pour constater qu’elle était complètement décalée et sur le point de détacher de la tige de direction.  Coudonc, j’avais fait 1225+ kilomètres de vélo avec une fourche craquée et un jeu de pédalier pété.  Et je le referais, sans hésitation!

Tout-inclus dans le Nord

J’ai enfin essayé une des sorties de ski de fond la Boutique Courir.  Alors que dans la région de Montréal une triste dizaine de centimètres de neige gisait au sol, dans le parc des Laurentides il y avait presqu’un mètre.  Étant donné que, avec la voiture et le billet de ski, ça me coûte déjà environ 40$ pour skier au parc du Mont St-Bruno (la seule place proche d’ici qui a réussi à ouvrir tous ses sentiers), un petit 59$ TTC pour aller skier près de Québec ça allait de soi.

Le problème, bien sûr, c’est que Québec, c’est loin.  Je suis parti à 6h15 de la maison et j’ai pris la 30 jusqu’à Berri-UQÀM où j’ai rencontré 4 ou 5 autre skieurs sur le quai de la ligne Jaune.  Une bonne quinzaine attendaient déjà à Longueuil.  Il faisait un beau -12 degrès avec un peu de neige quand on embarquait sur l’autocar.

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… trois heures plus tard …

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En fait c’est l’après-midi…

Non mais le trajet d’autobus a été assez sympathique.  Il venait même avec un petit jus et muffin.  J’ai vu Jean Robert du CVRM et on a jasé un peu vélo et ski.  J’ai tout essayé pour m’endormir mais ça n’a marché que sur la partie la plus belle du trajet… juste avant qu’on arrive au Camp Mercier.

J’ai souvent entendu que le seul vrai atout de ce centre de ski est qu’il reçoit des immenses quantités de neige, et j’ai été un peu déçu qu’il a été choisi au lieu du Mont Ste-Anne.  Le chalet d’accueil est quand même très … accueillant, avec une immense salle de fartage et même des fers fournis (mais aucune idée comment y régler la température car il s’agit de vulgaires fers à repasser!).  Ayant déjà préparé mes skis la veille je suis sorti tout de suite pour faire un peu de pas de patin, question de me “réchauffer” car il faisait environ -16.

J’avais pensé que, après une bonne centaine de kilomètres de ski à roulettes les derniers mois, le pas de patin sur des vrais skis de neige serait assez facile.  Et ça marchait, plus ou moins.  L’équilibre était très bon et j’ai bien réussi le pas de un sur le plat, même si la neige ne glissait pas vraiment bien.  Mais voilà que j’ai constaté que grimper sur l’asphalte ou le gravier fin sur des skis à roulette n’a vraiment rien à voir avec grimper sur une neige froide et abrasive… avec en plus des skis trop longs et probablement mal fartés.  J’étais surchauffé en “ta…” et je suis à peine retourné au chalet après un petit 4 km de galère!  Heureusement j’aurai 3h de route au retour pour regarder et analyser des vidéos de technique de grimpe en pas de patin, dont celle-ci que j’ai beaucoup appréciée avec son animateur … très animé:

En classique ça allait beaucoup mieux.  La glisse n’était encore pas trop au rendez-vous mais ça kickait super fort! J’ai failli faire la grande boucle de la 13-14 car je commençais à avoir très faim, donc j’ai coupé court par la 14A.

Mais elles sont comment les pistes?  Euh… comme c’est un établissement de la Sépaq, tout est très bien tracé, en double partout – du ski d’autoroute, on dirait.  Et comme c’est une Sépaq, tout est aussi plutôt facile.  Rien de très excitant ou en montée ou en descente.  Le parc du Mont Saint-Bruno est beaucoup plus amusant côté terrain.  L’attrait du Camp Mercier est d’abord la grosse neige partout, dans une vrai forêt boréale, car on est au-delà de 800m d’altitude pour la plupart.  On a même eu droit à une paire de geais gris qui se tenaient près du relais le Mésange (dont le nom…) et qui volaient des morceaux de barre tendre aux mains des skieurs!  Mais l’autre atout de ce centre est que, comme au parc du Mont-Tremblant, les sentiers sont aménagés en de très longues boucles, qui permettent de faire 20km ou plus d’un seul tour.  Malheureusement, j’ai été trop bunké pour faire plus que 26km total, qui donne un peu la sensation d’avoir gaspillé toute cette belle neige.

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Ce point de vue vous est présenté par Hydro-Québec

Ça bouffe toute la journée et même un peu de la nuit faire une sortie de même, alors j’aurais peut-être mieux fait juste d’aller au mont Saint-Bruno, ce que j’ai fini par faire le lendemain…  Lorsque les jours deviennent plus longs en janvier et les jambes sont plus aptes à faire 40-50km d’un coup je pense peut-être revenir et faire l’aller-retour à la Forêt Montmorency, car je n’ai aucune envie de refaire mon exploit de 80km sur le P’tit Train du Nord cette saison!

XC Ski, Car-Free (part 2)

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To recap the post from a few weeks ago (in French), not only are there some great places in Montreal where you can ski without having to drive, but with a bit of research and planning, it’s easy to get out of town to places with better conditions and longer trails.  In particular, one can easily take the STL 48 bus from metro Cartier to go to the Bois Duvernay, or the Galland bus to go to Val-David and its excellent Parc Régional.

Since then I’ve had the chance to take a Randonnée Adventure outing to the Parc National du Mont-Tremblant, a destination that really is totally inaccessible by public transportation, and which is well worth the trip.  The club is super friendly and very bilingual, as you might imagine since all the departure locations for their trips are in Westmount and NDG.  These pickup points are, however, very well chosen to correspond to the three metro lines: Atwater for the Green line, Snowdon for the Blue line, and Namur for the Orange line.  It was much faster for me to take the metro all the way to Namur than to get on the bus earlier.

The next weekend, I used the Galland ticket to Sainte-Adèle that I had lying around and tried out the network of cross-country and backcountry ski trails maintained by Plein-Air Sainte-Adèle.  It needs to be said: Sainte-Adèle’s ski network is free, and you get what you pay for.  Actually, you get quite a bit more than you pay for, because the 20 or so kilometres of groomed trails were very well cleared and marked and impeccably trackset.  I chipped in $10 on their website and would recommend others do the same.

The problem with Sainte-Adèle is that you probably brought your skis in a bag as well as a backpack full of food and extra clothes, and there’s no friendly chalet d’acceuil to park this stuff at (or, for that matter, to hang out by the fire at while you eat).  This isn’t always a problem, because the trail network starts at and was originally built and run by the Hôtel Le Chantecler, an easy 16-minute walk from the Galland bus stop.  While the hotel has lost most of its former glory as a ski-in-ski-out destination for the rich and powerful, it still has the facilities, like a locker room, which the concierge seemed perfectly willing to let me use… except…

As part of the whole “faded glory” thing, the hotel actually isn’t open all the time, and when I arrived on a Sunday, they informed me that they were closing down the hotel for the week at around noon.  Oh well.  It’s still a good place to stop in to pick up a free trail map and use the bathroom before heading out.  Just hide your stuff in some bushes, like I did (I will not say where).

The main attraction of Sainte-Adèle is its enormous network of “historic” ungroomed backcountry trails which, in theory, allows you to ski all the way to Sainte-Agathe (on the west side of the 15) or … well … Sainte-Agathe (on the east side of the 15), but also to Morin-Heights, Saint-Adolphe-d’Howard, Val-Morin, Val-David, Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, and so on.  This network is unfortunately cut in half by the 15, with the only link (the Adéloise-Est and Whizzard-Nord) marked using a dashed line as “not recommended” on the map.  This is likely because the bridge crossing the Rivière du Nord may or may not currently exist (UPDATE: confirmed as of March 2017 that it definitely does not exist), but there are probably a bunch of “No Trespassing” signs thrown in for good measure.

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Property is Theft!

The network is also only tenuously connected to Morin-Heights.  The former Loup-Garou Nordique trail that linked the CCC and Western is now cut by, you guessed it, “No Trespassing” signs.  If Martine Ouellet can get the “right to roam” in her proposed constitution of an independent Québec, then all I can say is: sign me up.  Thankfully there’s a short and usually snow-covered stretch of road linking these trails that works almost as well.

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But don’t go off the road, or you’ll get shot and your body will never be found! (also: EN FRANÇAIS!)

This leaves the Rapide Blanc as the only official link between the two networks.  It is unfortunate that the backcountry trails are considered on the map to be uniformly difficult, because while some, like the Maple Leaf and the Fleur-de-Lys, are well-graded and quite pleasant on touring skis, and others, like the Western and the Munson, are a bit “olé-olé” but fundamentally doable, certain trails are basically impossible in fast snow conditions without specialized equipment (or perhaps using nylon climbing skins to go both up and downhill).  The Rapide Blanc is one of those trails.

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Yee-Haw!

So, in the end, I had a miserable day of skiing.  I skied the Loup-Garou (groomed – but watch out for the first descent which stops abruptly at a road crossing, because you will end up in the middle of that road, probably face-down in the gravel), the CCC, then down the road to the Western, to the (urgh) Rapide Blanc, then the Fleur-de-Lys, which took me back to the groomed network on the Adéloise-Ouest, which I skied all the way back to the hotel.  The snow was somehow fast, soft, and heavy at the same time.  I’m not a great descender to begin with but I ended up just stair-stepping up and down all the hills, which is less than fun on 200mm old-style backcountry touring skis (whose metal edges were uniquely useless in these conditions).  This meant that the whole thing took quite a lot longer than I expected and I was very worried about getting back before dark.

Nonetheless, the bus is fairly well timed, since it passes at 6:10PM (officially, but probably a bit later) and you probably don’t want to be skiing after 5PM or so anyway (in the end, I finished in the twilight at 5:20PM).  This gave me time to pack up my stuff and eat a poutine at the Friterie across the street from the bus stop.

I’m not sure I would go back.  From a logistic standpoint it isn’t awful.  The bus leaves you pretty close to the trails, at least the ones on the west side of the 15.  You have all day to ski and, if the conditions are good, a lot of very nice trails to ski on.  But you have to be absolutely self-sufficient, as there is no place to get food or water, no warming hut (there’s a hut but it has no “warming” and is apparently kind of dismal),  no patrols and possibly no other skiers on the trails (I didn’t see a single person on skis all day).  The smart thing to do would be to go the other direction on the Western and ski into the village centre of Morin-Heights, have lunch, then head back to Sainte-Adèle the same way.  I swore, somewhere on the CCC, that I would never go backcountry touring again…

…until the next time!